Ce que l'étude montre

Publiée dans le Journal of the American Geriatrics Society et relayée le 16 septembre 2026, cette analyse de contenu a porté sur 188 publications diffusées entre mars 2014 et mai 2025 sur Facebook, Instagram et TikTok, émanant de comptes totalisant plus de 114 millions d'abonnés cumulés. Plus d'un tiers des publications laissaient entendre que ces tests sanguins pouvaient servir à dépister des personnes sans symptôme cognitif, ce qui ne correspond pas aux indications retenues aujourd'hui. Par ailleurs, 59 % mettaient en avant une détection plus précoce en omettant souvent la nécessité d'une évaluation clinique et les critères d'éligibilité.

Le poids des intérêts financiers

Seules 36 % des publications s'appuyaient sur un élément de preuve et moins d'un quart citaient une étude précise. Les comptes ayant un intérêt financier déclaré ou identifiable étaient plus de trois fois plus susceptibles de recommander un test à des personnes asymptomatiques. Les auteurs relèvent que les publications évoquant un tel usage abordaient rarement les inconvénients potentiels — surdiagnostic, faux positifs, conséquences d'une annonce pour la personne et ses proches. La chercheuse principale, Jenna Smith, résume que l'enthousiasme affiché peut devancer le niveau de preuve disponible.

À quel stade en sommes-nous ?

Le travail décrit un état des lieux de la communication en ligne : il documente des écarts de discours, sans évaluer les tests eux-mêmes ni mesurer l'effet de ces publications sur les comportements réels. Les biomarqueurs sanguins progressent effectivement en usage clinique, mais dans un cadre précis, en appui d'une évaluation médicale chez des personnes présentant des signes cognitifs. La question de l'encadrement de la promotion de ces tests auprès du grand public reste ouverte et varie fortement d'un pays à l'autre.