Ce que l'étude montre
Publiée dans Alzheimer's & Dementia par le Butler Aging Center de la Mailman School of Public Health de Columbia, l'étude suit 2 418 participants — 1 470 femmes et 948 hommes — entre 1998 et 2014. Chez les hommes, un emploi discontinu correspondait à un écart cognitif équivalent à environ sept années de vieillissement cognitif. Chez les femmes, la retraite anticipée ou les périodes prolongées hors du marché du travail correspondaient à l'équivalent d'environ six années de déficit mnésique. En 2016, environ 30 % des femmes et 31 % des hommes répondaient aux critères de trouble cognitif ou de démence.
Pourquoi c'est important
Le résultat le plus notable porte sur la distinction entre continuité réelle de l'emploi et sentiment subjectif de sécurité professionnelle : ce serait la première, et non le second, qui est associée aux trajectoires cognitives ultérieures. Les auteurs relèvent aussi des causes d'interruption différentes selon le sexe — davantage liées aux responsabilités d'aidance chez les femmes, davantage à des pertes d'emploi subies chez les hommes. Cela déplace la question du registre individuel vers celui des parcours de vie et des politiques du travail.
À quel stade en sommes-nous ?
Il s'agit d'une étude observationnelle de cohorte : elle établit des associations, pas des relations de cause à effet. L'instabilité professionnelle peut aussi bien précéder qu'accompagner ou refléter d'autres facteurs — santé, revenus, conditions de travail — non entièrement pris en compte. Aucune conclusion individuelle ne peut être tirée de ces moyennes de groupe.
