Ce que l'étude montre

Les chercheurs de l'université de Californie à Berkeley ont comparé des adultes cognitivement sains d'une vingtaine d'années à des adultes de la mi-soixantaine au milieu des années soixante-dix, en croisant enregistrements EEG du sommeil, imagerie TEP avec marqueurs radioactifs et analyse du liquide céphalorachidien. Chez les participants les plus âgés, les ondes lentes du sommeil non-REM apparaissaient plus courtes et plus isolées les unes des autres.

Ce qui relie sommeil, tau et mémoire

L'accumulation de protéine tau dans le cortex frontal s'est révélée corrélée à ce profil d'ondes fragmentées ainsi qu'au déclin des performances mnésiques. Les participants dont les ondes lentes étaient les plus « solitaires » retenaient moins de matériel après une nuit de sommeil. Dans un sous-groupe retesté plusieurs années plus tard, une hausse du tau frontal s'accompagnait d'une coordination des ondes lentes encore dégradée.

À quel stade en sommes-nous ?

L'étude établit une corrélation, pas une causalité : les auteurs indiquent ne pas pouvoir déterminer si l'accumulation de tau provoque la désorganisation des ondes lentes ou si elle en résulte. Les effectifs restent ceux d'une étude de neurophysiologie, avec des mesures lourdes (TEP, ponction lombaire), et aucune intervention sur le sommeil n'a été testée ici.