Ce que l'étude montre
Les auteurs ont croisé deux grands ensembles de données couvrant 21 462 femmes, dont 728 avaient bénéficié d'une imagerie cérébrale ou de dosages de biomarqueurs et 2 959 d'un examen neuropathologique post-mortem (âge moyen 82 ans). Les utilisatrices d'une hormonothérapie aux œstrogènes seuls présentaient un risque de diagnostic de démence inférieur de 39 %, et une probabilité inférieure de 35 % de présenter à l'autopsie les modifications cérébrales caractéristiques de la maladie d'Alzheimer.
Pourquoi c'est important
La relation entre hormonothérapie de la ménopause et risque de démence fait l'objet de résultats contradictoires depuis plus de vingt ans. L'intérêt de ce travail tient à l'articulation entre données cliniques, imagerie et neuropathologie sur une même population, ce qui permet de relier un signal épidémiologique à des lésions cérébrales observées directement.
À quel stade en sommes-nous ?
L'étude est observationnelle et rétrospective : elle ne démontre aucun effet protecteur et ne permet pas d'écarter des facteurs de confusion. Les auteurs soulignent eux-mêmes une limite majeure de transposition : dans ces cohortes, l'hormonothérapie était souvent débutée après 70 ans, alors que la pratique actuelle la situe plutôt à la fin de la quarantaine ou dans la cinquantaine. Les résultats ne portent donc pas sur les schémas thérapeutiques d'aujourd'hui.
