Ce que l'étude montre
L'équipe du Mass General Brigham Neuroscience Institute a comparé, à l'aide d'un outil d'évaluation baptisé « Brain Health Vital Signs », 267 patients atteints d'une maladie d'Alzheimer à un stade précoce : 150 engagés dans un traitement par lécanémab et 117 ne poursuivant pas de traitement anti-amyloïde. Moins de 3 % de l'ensemble suivaient les quinze recommandations de santé cérébrale examinées. Dans le groupe lécanémab, plus d'un quart des patients étaient en deçà du seuil pour onze de ces quinze recommandations, et 63 % n'atteignaient pas le repère d'activité physique retenu par les auteurs. Aucune différence significative d'adhésion n'a été observée entre les deux groupes.
Pourquoi c'est important
L'arrivée des traitements anti-amyloïdes a concentré l'attention sur la pharmacologie, alors que les facteurs de mode de vie continuent d'occuper une place importante dans la littérature sur le risque cognitif. Ces résultats documentent un écart mesuré entre ce que les recommandations décrivent et ce qui est effectivement observé en pratique, y compris chez des patients par ailleurs très engagés dans leur prise en charge.
À quel stade en sommes-nous ?
Il s'agit d'une étude observationnelle comparative, qui constate un écart sans en expliquer les causes : les auteurs ne caractérisent pas les obstacles rencontrés par les patients ni ne testent d'intervention destinée à les lever. Elle ne dit rien non plus de l'effet qu'aurait une meilleure adhésion sur l'évolution cognitive. Le champ des interventions comportementales, soulignent les auteurs, reste très largement à construire.
