Ce que l'étude montre

L'équipe de l'Université de Virginie a exposé des souris âgées à une combinaison d'anesthésie, de chirurgie et de stress de type soins intensifs. Ce protocole a déclenché des modifications épigénétiques de l'expression génique, associées à une altération de la formation des souvenirs, à un comportement évoquant le délirium et à une désorganisation des rythmes veille-sommeil, via des voies de signalisation BDNF-ARC. Un prétraitement par le vorinostat, un médicament déjà approuvé dans le lymphome, a inversé une partie de ces changements neuronaux et comportementaux. Les travaux sont publiés dans Alzheimer's & Dementia (DOI 10.1002/alz.71556).

Pourquoi c'est important

Le délirium postopératoire est fréquent chez les patients âgés et son association statistique avec un déclin cognitif ultérieur est documentée depuis longtemps, sans mécanisme clairement établi. Proposer une voie moléculaire concrète, et qui plus est modulable par une molécule existante, donne un point d'entrée expérimental à un problème jusqu'ici surtout décrit en épidémiologie.

À quel stade en sommes-nous ?

Il s'agit exclusivement d'un travail sur modèle murin. Aucun essai clinique de vorinostat en contexte périopératoire chez l'humain n'est rapporté à ce stade, et les auteurs soulignent eux-mêmes qu'identifier les mécanismes précis nécessitera des technologies d'analyse à l'échelle de la cellule unique. La transposition à l'humain reste entièrement à démontrer : ces résultats orientent la recherche, ils ne décrivent aucune pratique clinique.