Ce que l'essai montre

Entre octobre 2020 et octobre 2023, 11 563 personnes âgées de 60 à 85 ans et présentant un déclin cognitif léger à sévère ont été recrutées dans 670 cabinets de médecine générale britanniques, puis réparties au hasard en trois groupes : accès à la plateforme numérique Active Brains, accès à la plateforme accompagné de trois courtes séances téléphoniques de soutien, ou prise en charge habituelle avec une fiche de conseils d'une page. À douze mois, une proportion importante de participants ne remplissait plus les critères de déclin cognitif lié à l'âge dans les trois groupes : 28,4 % dans le groupe témoin, 32,8 % dans le groupe plateforme et 31,6 % dans le groupe plateforme avec soutien. Les auteurs rapportent également une réduction des troubles légers et des troubles sévères dans les groupes ayant reçu l'intervention par rapport au groupe témoin. Les événements indésirables graves étaient rares et comparables entre les bras, de l'ordre de 0,7 à 0,9 %.

Pourquoi c'est important

C'est, selon l'équipe de Southampton, le premier essai de cette taille à tester en population générale et en contexte de soins primaires une intervention numérique combinant activités de stimulation cérébrale, activité physique et alimentation. L'intervention repose sur des ressources légères — un site web et, dans un bras, quelques appels brefs — ce qui la rend potentiellement déployable à grande échelle. Pour les équipes qui conçoivent des outils de suivi cognitif à domicile, le résultat documente à la fois un signal positif et son ordre de grandeur réel : quelques points de pourcentage d'écart, et non une transformation.

À quel stade en sommes-nous ?

Les résultats sont ceux d'un essai randomisé publié dans une revue à comité de lecture, ce qui constitue un niveau de preuve élevé. Les auteurs soulignent toutefois une limite majeure : il n'existait pas de véritable groupe témoin, puisque tous les participants ont bénéficié d'une évaluation cognitive et de conseils de santé, démarche qui a elle-même pu modifier leurs comportements. L'effet au-delà de douze mois et l'impact éventuel sur la survenue d'une démence restent à établir, et les participants étaient à 95,8 % de population blanche, ce qui limite la généralisation.